Jean Roche­fort en 2015 : « Je sens la mort venir et je suis content qu’elle arrive »





 Il y a deux ans de cela, Jean Roche­fort évoquait sa future dispa­ri­tion. Quelques phrases qui nous faisaient comprendre que l’ac­teur était prêt aux adieux.
 

C’est avec une grande tris­tesse que nous appre­nions ce matin la dispa­ri­tion de Jean Roche­fort. « C’était l’élé­gance et la gentillesse, pour Anne Hidalgo. Une voix qui nous captive, un sourire qui nous remplit de bonheur. Une légende. » C’était aussi « MONSIEUR ROCHEFORT » en majus­cules pour Vincent Cassel, un artiste syno­nyme « d’élé­gance, de grâce, de profon­deur et d’hu­mour » pour Elsa Zylber­stein. Une dispa­ri­tion qui a surpris tout le monde et provoqué une vague d'hommages . Et pour­tant… Il y a deux ans de cela, l’ac­teur à l’iro­nie si british avait multi­plié les entre­tiens en évoquant une fin de plus en plus proche.

Dans Centre Presse, Jean Roche­fort énumé­rait ce qui lui restait comme petits plai­sirs du quoti­dien. Plus grand chose en fait… « J'ai été amateur de vin sans jamais abuser, décla­rait-il. Mais aujourd'hui, la Faculté me l'a inter­­­dit : je ne le supporte plus. C'est fini, comme les rares érec­­tions?! Toutes ces petites joies enle­­vées nour­­rissent le désir de mourir. » Car oui, il y a deux ans de cela, il était bien ques­tion d’un « désir de mourir » pour Jean Roche­fort. Dans les colonnes du JDD, en août 2015, l’ac­teur ajou­tait : « Je sens [la mort] venir et je suis content qu’elle arrive. Le corps le demande et la tête parfois aussi. Mais on n’a pas envie de faire du chagrin aux autres. » C’est pour­tant bien le cas en ce triste lundi…

 

« Je suis un faux-derche sans lèvres »
Jean Roche­fort : pourquoi il tenait autant à sa mous­tache






 
Si vous pensez à Jean Roche­fort, vous visua­li­sez forcé­ment un homme élégant, grison­nant et avec une mous­tache toujours parfai­te­ment taillée.
 

Jean Roche­fort était recon­nais­sable à plus d’un titre : une grande élégance, un phrasé très parti­cu­lier et cette mous­tache qui ne le quit­tait jamais. L’ac­teur de 87 ans, qui s’est éteint dans la nuit de dimanche à lundi,
s’était confié à plusieurs reprises sur ce petit acces­soire qui contri­buait large­ment à son charme.

En 1971, pour la télé­vi­sion, Jean Roche­fort campe Alceste dans Le Misan­thrope. « Ma fausse mous­tache partait tout le temps, alors j’ai décidé de faire pous­ser la mienne. Puis, je l’ai gardée », avait-il révélé en 1994 lors du festi­val du film français à Avoriaz. Il ne l’a rasée qu’une seule fois par la suite, pour Ridi­cule de Patrice

Leconte en 1996, pour lequel il a été nommé pour le César du meilleur acteur dans un second rôle, un prix qui était fina­le­ment revenu à Jean-Pierre Darrous­sin pour Un air de famille.

S’il tenait autant à sa mous­tache, c’est surtout qu’il n’ai­mait pas son visage sans. « Sans mous­tache, j’ai l’air de ce que je suis, une vraie salo­pe­rie, un faux-derche sans lèvres. Je n’ins­pire pas confiance », avait-il avoué au Progrès en 2013. Et, pour­sui­vait-il quelques mois plus tard dans les colonnes de L’Ex­press, « sexuel­le­ment, je crois que ça me faisait du tort. »

Avec ou sans mous­tache, il va terri­ble­ment manquer à sa famille – sa fille Clémence, la petite dernière, lui a d’ailleurs rendu un hommage boule­ver­sant– ainsi qu’à celle du cinéma.


 

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